Cassina LC2 noir

LC2, PREMIÈRE ÉMOTION

Pour mon premier Post sur le mobilier, il fallait que ce soit le fauteuil LC2 ! C’est mon « choc esthétique », ma première émotion liée au design. Ce grand classique intemporel est depuis 50 ans un succès de la collection i Maestri chez Cassina.

La pureté des lignes est à couper le souffle, avec cette idée géniale d’enfermer des coussins dans un chassis tubulaire : ce fauteuil est comme taillé dans un cube. C’est sans doute la raison pour laquelle j’apprécie moins le LC3 : sa plus grande largeur n’a pas, à mon avis, l’harmonie parfaite du LC2.

LC2 et LC3 blanc

LC2 et LC3 blanc

Mais il paraît que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis… En découvrant un prototype du fauteuil « Grand Confort » qui appartenait à Charlotte Perriand (racheté par le Centre Pompidou), je comprends mieux sa première intention : associer rigueur formelle et confort. Ainsi, les pieds sont plus longs devant que derrière, ce qui donne à l’assise une légère inclinaison et rend le fauteuil plus confortable. Ce « panier à coussins », comme elle le nomme alors, est une réinterprétation du fameux fauteuil Club anglais. Il est moins formel et moins rigide que les LC2 et LC3, qui ne reprennent pas l’inclinaison et qui alignent parfaitement le coussin de dossier aux coussins latéraux. Au final, le prototype semble être moins pur, mais plus confortable que les modèles de série.

Le prototype de fauteuil "Grand Confort" appartient au Centre Pompidou

Le prototype de fauteuil « Grand Confort » appartient au Centre Pompidou

En tout cas, si vous achetez un LC3 aujourd’hui, vous aurez un fauteuil droit, au même titre qu’un LC2. Il sera simplement plus large, mais pas plus confortable qu’un LC2 (sauf pour les grands gabarits). Voilà pourquoi je persiste et signe : je préfère le LC2 !

LA GENÈSE

Depuis le début des année 20, Le Corbusier travaillait sur la simplification fonctionnelle du mobilier, pour nourrir son idéal de la maison « machine à habiter ». Mais c’est l’arrivée de Charlotte Perriand en 1927 dans l’Atelier Le Corbusier-Pierre Jeanneret qui va être à l’origine de la création d’une série de meubles exceptionnels : fauteuils, chaise longue et tabouret, tables et canapés…

Charlotte Perriand et Le Corbusier photographiés par Pierre Jeanneret

Charlotte Perriand et Le Corbusier photographiés par Pierre Jeanneret

Charlotte Perriand se voit donc confier le programme « des casiers, des chaises et des tables ». Inspirée par l’architecture du Corbusier, elle innove par la structure aussi bien que par les matériaux (tubes de métal et verre). L’ensemble du mobilier est exposé dans « l’Equipement intérieur d’une habitation » au Salon d’automne de 1929. Succès d’estime, mais ces meubles sublimes et avant-gardistes n’intéressent guère les fabricants, qui n’envisagent pas de production industrielle. Seuls quelques « happy few » en profitent. Dans un premier temps artisanale et confidentielle, la production prend son essor avec Cassina, à partir de 1965. Le succès arrive enfin, il aura fallu près de 40 ans !

Au Salon d'automne 1929

Au Salon d’automne 1929

 LE LC2 AUJOURD’HUI

Pour découvrir des facettes inédites de l’oeuvre de Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand, et pour raconter leur force innovatrice, Cassina développe une recherche approfondie autour de trois aspects des éléments d’habitat créés par ces protagonistes du rationalisme moderne : la couleur, la forme et la matière. Ce travail d’actualisation, dont émerge une vision encore plus vivante et actuelle, est réalisé en collaboration étroite avec la Fondation Le Corbusier et grâce à l’analyse de documents et de dessins originaux des auteurs.

Le thème de base est la couleur. Aujourd’hui, à côté de la version chromée en cuir noir, qui est la plus connue et diffusée, 7 tons ont été créés pour les structures en métal, que l’on peut combiner à l’infini avec les tissus de la collection.

Les nouvelles couleurs

Les nouvelles couleurs

Par ailleurs, avec la superbe série spéciale « Villa Church », c’est le retour aux sources. Suivant une étude de couleur lancée par Charlotte Perriand, chaque coussin est bicolore et interchangeable.

Pour en savoir plus, lire la fiche produit « FAUTEUIL CASSINA LC2 VILLA CHURCH« .

 ACHETER UN LC2

Un LC2, c’est cher. De 3.000€ pour un modèle en tissu, rembourrage en ouate de polyester et structure vernie, à 5.000€ pour un modèle en cuir, rembourrage en plume et structure chromée.

Si les vendeurs de faux LC2 autour de 1000€ pullulent sur le net, est-il besoin de préciser qu’acheter une copie est stupide et illégal ?

Stupide : vous avez toutes les chances d’acheter de la camelotte. Aucune copie n’approche la qualité de la production réalisée par Cassina. Et si un jour vous souhaitez revendre votre fauteuil, une copie ne vaudra rien.

Illégal : en raison de leur haute valeur artistique et de leur caractère créatif particulier, ces œuvres sont protégées par le droit d’auteur. La protection légale est assurée pendant toute la vie de l’auteur et pendant 70 ans après sa mort. Charlotte Perriand étant décédée en 1999, il faudra attendre 2059 !

L’alternative : acheter un LC2 d’occasion.

Oubliez les très rares éditions artisanales de Thonet (1928 à 1930) et du galeriste suisse Heidi Weber (de 1958 à 1964), elles n’ont d’intérêt que pour les collectionneurs tendance « canal historique » ! Depuis 1965, ça se passe chez Cassina. On peut trouver un fauteuil en bon état autour de 2.500€, soit la moitié du prix neuf. Ce sera souvent un modèle en cuir noir, structure chromée. Oui c’est cher, les LC2 sont toujours recherchés…

Retrouvez les infos pratiques sur le fauteuil LC2 ainsi que sur la série spéciale « Villa Church » sur la « FICHE PRODUIT« .




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