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JAGUAR XJS, FILLE DE STAR

On ne remplace pas un chef d’œuvre et il était presque impossible de succéder à la Type E. Dans ce contexte, on peut dire qu’au terme d’une carrière de plus de 20 ans, la XJS est une fille de star qui n’aura pas démérité !

Pour son lancement en septembre 1975, la Jaguar XJ-S n’a pas la partie facile pour deux raisons. D’abord un problème de timing : lancer un coupé V12 de 5.3 consommant 25 l/100 en pleine crise pétrolière, c’est compliqué. Ensuite, un problème d’héritage : la XJ-S a la lourde charge de succéder à la star Type E, devenue mythique avant même d’être remplacée.

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Le design tendu et moderne de la XJ-S n’a pas le charme immédiat des rondeurs félines de la Type E. Quant à l’intérieur de la première génération, le plastique a remplacé les boiseries, dans un style très seventies. Cela étant dit, l’absence de bois n’a jamais été reprochée à la Type E, mais il est vrai que son style plus sportif s’en accommodait très bien… Bref, avec un design contesté et un moteur glouton, auxquels s’ajoute une fiabilité médiocre, c’était mal parti… Mais comme le bon vin, la XJ-S va se bonifier avec le temps et connaitra une carrière de 21 ans, jusqu’en 1996, avec 113.000 exemplaires vendus. Deux fois plus que la Type E en 14 ans de carrière.

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Les différentes versions

Il faut s’intéresser aux modèles sortis à partir de juillet 1981 : la XJ-S accueille sous son capot un nouveau V12 HE plus sobre et plus puissant (295ch), et bénéficie d’améliorations esthétiques. Surtout, à partir de 1983 un 6 cylindres 3.6 de 221ch est proposé. Bien plus sobre et plus fiable que le V12, il est à peine moins performant. En 1989, Ford rachète Jaguar et en 1991, la XJ-S devient XJS comme pour nous signifier qu’elle est enfin fiable ! Car elle est revue en profondeur (moteur, finition, électricité), et troque son 6 cylindres 3.6 contre un moderne et coupleux 4.0 (224ch) aussi fiable que brillant. Mais je suis nettement moins fan du restylage, avec ce bandeau fumé lourdement surligné de chrome, couvrant tout l’arrière en lieu et place des superbes feux en demi-lune.

Jaguar-XJS-restylée

Pourquoi acheter une Jaguar XJS ?

La cote est en train de grimper. A croire que les collectionneurs ont réalisé récemment que la XJS est une belle voiture ! Certes, ce félin est un peu lourd (1800kg) et offre bien peu de place à l’arrière compte-tenu de son gabarit. Mais son design longiligne donne l’impression qu’il est prêt à bondir, tout en souplesse. Les premières esquisses de Malcolm Sayer (décédé en 1970) développées par l’équipe de Doug Thorpe (directeur du design) font de la XJ-S un coupé unique au monde. Il ne ressemble à aucune autre voiture, et à aucune autre Jaguar !

Jaguar-XJS-Intérieur

Quelle version choisir ?

Il vaut mieux oublier les V12, chers à entretenir, peu fiables et gloutons (surtout avant 1981). Avec un budget de 12.000€, vous pouvez acquérir une authentique et belle XJ-S 3.6 des années 80. De quoi vous prendre pour Gambit dans « Chapeau melon et bottes de cuir », à condition qu’elle soit rouge (pas facile à trouver) ! Avec un peu plus de 15.000€, c’est l’accès à plus de modernité, plus de performance et plus de fiabilité avec la XJS 4.0 des années 91 à 96. Mais un peu de charme s’est perdu en route (ah, ce fichu bandeau fumé !).

Jaguar-XJS-rouge

  • La Jaguar XJ-S fait partie de mon TOP 20 des autos du 20ème siècle : TOP 20 AUTO
  • Découvrez la superbe et rare version shooting brake de la Jaguar XJ-S, la Lynx Eventer, dans mon article consacré aux breaks de chasse : LES 7 BREAKS DE CHASSE
  • Et vous pourriez aussi être intéressé par l’article que j’ai consacré à celle qui a succédé à la XJS, la Jaguar XK8, jeune youngtimer et futur collector : JAGUAR XK8, LE GRAND TOURISME À 10.000€
  • French Jaguar Drivers Club : http://www.fjdc.fr



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